D’où vient le souffle
Chaque micro et chaque amplificateur ajoute un léger bruit aléatoire qui lui est propre, produit par l’électronique elle-même. Dans une bonne installation, il reste très en dessous de la voix. Il devient un souffle audible quand quelque chose oblige l’enregistrement à amplifier un signal faible :
- La distance. Enregistrez depuis l’autre bout de la pièce et le téléphone pousse son gain pour vous entendre, ce qui fait monter son propre souffle avec votre voix.
- Un gain d’entrée élevé sur un micro externe ou un enregistreur, poussé pour rendre une voix faible plus forte.
- Les micros et micros-cravates bon marché, dont le bruit propre est plus élevé au départ.
- Les longues rallonges, qui affaiblissent le signal avant qu’il n’arrive à l’entrée.
- Les vieux enregistrements : souffle de cassette et bruit des anciens dictaphones, numérisés des années plus tard.
On parle de souffle, de grésillement ou de bruit blanc. Au sens strict, le bruit blanc a la même énergie à toutes les fréquences et sonne comme un « chhh » brillant ; le bruit rose, qui décroît vers les aigus, sonne plus doux, plus proche d’une pluie régulière. Les deux sont large bande : ils couvrent toute la zone de la voix à la fois.
Pourquoi un filtre ne peut pas retirer le souffle sans étouffer la voix
Un égaliseur ou un filtre retire des fréquences, partout et tout le temps. Le souffle occupe toutes les fréquences de la voix, et il s’entend surtout dans les aigus, précisément là où les consonnes s, f, t et ch portent leur détail. Coupez les aigus pour perdre le souffle, et ces consonnes partent avec : la voix devient étouffée, comme enregistrée à travers un oreiller.
Le noise gate, l’autre outil classique, coupe l’enregistrement dès que personne ne parle. Il nettoie les pauses, mais le souffle revient avec chaque mot : le fond semble s’allumer et s’éteindre. Réduction de bruit, noise gate et égaliseur comparés.
Les réglages pour un enregistrement qui souffle
- Jugez au casque
Le souffle est aigu et discret, et le haut-parleur d’un téléphone en masque une bonne part. Écoutez au casque ou aux écouteurs, d’abord une pause, puis une phrase.
- Montez l’intensité pour un souffle fort
S’il reste un « chhh » entre les mots, montez vers 100 %. À 80 %, la réduction est volontairement tenue vers 29 dB, moins que ce que le modèle peut retirer d’un souffle fort.
- Surveillez les s
Si vos s et vos f deviennent mous ou zézayants, le réglage est allé un cran trop loin pour cet enregistrement : redescendez de 10 %.
- Réglez l’intensité avant le niveau
Un enregistrement lointain et soufflant est souvent faible aussi. Le niveau prêt à publier remonte le mélange nettoyé vers −16 LUFS, et le souffle qui reste monte avec la voix.
Le filtre coupe-bas à 80 Hz change peu de chose au souffle, surtout aigu ; laissez-le activé pour un éventuel grondement en dessous.
Retirez le souffle de votre enregistrement sur le téléphone.
Gratuit · Android 8.0 ou plus récent, 64 bits
Comment enregistrer avec moins de souffle
- Rapprochez-vous au lieu de monter le gain. Diviser par deux la distance à votre bouche fait monter votre voix d’environ 6 dB face au même souffle, alors que pousser le gain fait monter les deux ensemble.
- Tenez le téléphone à 15 à 30 cm, le côté micro tourné vers votre bouche plutôt que vers le plafond.
- Placez le micro près de la bouche. Un micro-cravate sur la poitrine, même bon marché, finit généralement avec moins de souffle qu’un téléphone posé sur la table, car il demande bien moins de gain.
- Gardez des câbles courts. Évitez les longues rallonges bon marché entre un micro et le téléphone.
- Laissez le boost de côté. Si une application d’enregistrement ou un enregistreur propose un réglage de gain ou de boost, gardez-le aussi bas que possible tant que le niveau reste net.
Dans l’enregistreur de Noise Remover, vous pouvez choisir le micro avec lequel vous enregistrez, à partir d’Android 10 : celui du téléphone, un micro filaire ou USB, ou un micro Bluetooth.
Comment un modèle neuronal traite le souffle
Noise Remover utilise RNNoise, un réseau de neurones entraîné sur la parole, qui fait ce qu’un filtre ne sait pas faire : décider, pour chaque instant et chaque bande de fréquences, quelle part est de la voix. Toutes les 10 ms, il découpe le son en 32 bandes. Là où les harmoniques d’une voyelle dépassent du souffle, la bande est gardée ; là où il ne reste que du souffle, elle est atténuée ; entre les mots, toutes les bandes baissent ensemble. Ses gains n’ont pas le droit de chuter brutalement d’une tranche à l’autre, ce qui évite l’effet haché d’un noise gate.
Dans notre test en laboratoire à pleine intensité, un souffle de type bruit blanc a baissé de 23 à 43 dB dans les pauses de la personne qui parle, et un bruit rose large bande de 26 à 39 dB, tandis que la voix a varié de 0,9 dB au plus. La qualité globale mesurée par DNSMOS est passée de « mauvaise » ou « médiocre », autour de 1,2 à 2,3 sur 5 aux trois niveaux de bruit les plus forts, à environ 3 sur 5. Notre méthode de mesure.