LUFS expliqués : ce que signifie −16 LUFS pour un podcast ou une vidéo

Les LUFS (Loudness Units relative to Full Scale, unités d’intensité sonore relatives à la pleine échelle numérique) mesurent la force perçue d’un son, pas la hauteur de ses crêtes. −16 LUFS en intensité intégrée, avec des crêtes vraies sous −1 dBTP, est une cible très répandue pour les podcasts et les vidéos parlées : assez fort pour le haut-parleur d’un téléphone, avec une marge pour l’encodage.

L’essentiel

  • Les LUFS mesurent l’intensité sonore telle que l’oreille la perçoit, moyennée sur tout le fichier et débarrassée des silences selon la norme UIT-R BS.1770 ; un LU vaut un décibel.
  • La crête vraie (dBTP) estime le vrai sommet de la forme d’onde, entre deux échantillons ; un plafond à −1 dBTP laisse une marge pour l’encodage AAC, MP3 ou Opus.
  • Spotify et YouTube normalisent la lecture autour de −14 LUFS, les recommandations d’Apple pour les podcasts visent −16 LUFS, et les plateformes peuvent changer leurs chiffres.
  • Noise Remover applique un gain unique pour atteindre −16 LUFS, sauf si le plafond de −1 dBTP l’arrête avant ; sans limiteur, un enregistrement aux crêtes marquées finit un peu en dessous.

Ce que mesurent les LUFS

LUFS signifie Loudness Units relative to Full Scale ; LKFS (Loudness, K-weighted, relative to Full Scale) désigne la même mesure sous le nom utilisé par la radiodiffusion nord-américaine. Les deux viennent de la norme UIT-R BS.1770, sur laquelle reposent les mesureurs d’intensité sonore modernes. Un LU (unité de loudness) vaut un décibel, et la mesure se fait par rapport à la pleine échelle numérique : les valeurs sont négatives, et plus le chiffre est élevé, plus c’est fort. −16 LUFS est donc plus fort que −23 LUFS.

Ce qui distingue les LUFS d’un simple indicateur de niveau, c’est la pondération. Le son est d’abord filtré à peu près comme la tête et l’oreille l’entendent (les graves profonds comptent moins, les aigus un peu plus), puis son énergie est moyennée dans le temps. Deux fichiers au même niveau de crête peuvent différer de plusieurs LU, alors que deux fichiers au même nombre de LUFS sonnent à peu près aussi fort.

Momentanée, à court terme et intégrée

Les indicateurs affichent trois mesures, définies par l’UER (EBU) en complément de sa recommandation R128 : l’intensité momentanée, sur les 0,4 dernières secondes, l’intensité à court terme, sur les 3 dernières secondes, et l’intensité intégrée, sur tout le programme. C’est à l’intensité intégrée que se réfèrent les cibles. Elle ignore les silences : les blocs plus faibles que −70 LUFS sont écartés, puis tout ce qui se trouve plus de 10 LU sous la moyenne du reste, pour que les pauses ne fassent pas baisser le chiffre.

La crête vraie, et pourquoi −1 dBTP

Les échantillons d’un fichier ne sont que des points sur une courbe. Quand un lecteur reconstruit cette courbe pour la lecture, elle peut monter plus haut entre deux échantillons qu’aucun des deux : c’est une crête inter-échantillons, qu’un simple indicateur d’échantillons ne voit pas. La crête vraie, notée dBTP, estime ce maximum réel en suréchantillonnant le signal, comme le décrit la norme BS.1770.

Les encodeurs avec perte comme l’AAC, le MP3 et l’Opus ajoutent leurs propres petits dépassements quand le son est décodé. C’est pourquoi les recommandations de diffusion demandent en général des crêtes vraies sous −1 dBTP : ce décibel de marge évite que le fichier encodé sature à la lecture. La télévision américaine demande −2 dBTP, pour la même raison.

Pourquoi la normalisation compte

Les plateformes de streaming et les applications de podcast mesurent chaque fichier et ajustent son niveau de lecture vers une référence, pour que l’auditeur n’ait pas à toucher au volume entre deux épisodes ou deux vidéos. Envoyer un fichier plus fort que cette référence ne rapporte rien : la plateforme le baisse. L’envoyer beaucoup plus faible a un coût : certaines plateformes laissent un fichier faible tel quel, et il sonne pâle à côté de tout le reste ; d’autres le remontent, et le bruit de fond monte avec la voix.

C’est pourquoi le nettoyage passe avant la normalisation. Remonter un enregistrement bruité à un niveau normal remonte son bruit d’autant, et un résultat trop faible est un reproche fréquent fait aux outils anti-bruit qui s’arrêtent au nettoyage.

Les cibles d’intensité sonore comparées

Cibles d’intensité sonore couramment citées. Les plateformes peuvent changer leurs chiffres, vérifiez leur documentation avant une livraison au cahier des charges strict.
DestinationIntensité intégréeCrête vraie
Spotify et YouTube (normalisation à la lecture)autour de −14 LUFSnon précisé
Apple Podcasts (recommandations d’Apple)−16 LUFSpas plus de −1 dBTP
Podcasts, usage courant−16 LUFS en stéréo · environ −19 LUFS en monoenviron −1 dBTP
Radio et télévision européennes (EBU R128)−23 LUFSpas plus de −1 dBTP
Télévision américaine (ATSC A/85)−24 LKFSpas plus de −2 dBTP
Export Noise Remover−16 LUFSpas plus de −1 dBTP

Les chiffres diffèrent parce que l’écoute diffère. La radiodiffusion garde une large marge pour la musique et les effets écoutés dans un salon ; le streaming et les podcasts visent plus fort, parce qu’on les écoute sur un téléphone, dans les transports, avec des écouteurs. Les applications de vidéos courtes ne publient pas de cible officielle, et −16 LUFS y tient bien : assez fort pour le haut-parleur d’un téléphone, et une plateforme qui normalise plus bas se contente de baisser le fichier.

La nuance du mono

La plupart des enregistrements de voix sont en mono, sur un seul canal. Un indicateur d’intensité sonore mesure un fichier mono sur ce canal unique, mais les lecteurs l’envoient en général aux deux haut-parleurs ou aux deux écouteurs, où les deux s’additionnent : joué sur les deux canaux, le même fichier mesure environ 3 LU de plus que sa valeur. C’est pourquoi certaines recommandations pour les podcasts proposent environ −19 LUFS en mono et −16 LUFS en stéréo, deux chiffres qui sonnent pareil dans une paire d’écouteurs.

Noise Remover garde −16 LUFS pour un export mono, volontairement. C’est une cible assez forte pour les téléphones et les vidéos des réseaux sociaux, proche des −14 LUFS de référence du streaming musical et de YouTube, et toute plateforme qui normalise plus bas baisse le fichier sans perte de qualité. Si un hébergeur de podcast ou un client demande −19 LUFS en mono, baissez le fichier de 3 dB dans un éditeur audio avant de l’envoyer. Plus de conseils pour préparer un épisode sur la page podcasts.

Un fichier stéréo est mesuré en stéréo et atteint les mêmes −16 LUFS ; si vous le ramenez en mono dans les options d’export, il est mesuré à nouveau en mono : le fichier exporté est celui qui est mesuré.

Comment Noise Remover normalise

Noise Remover mesure le mixage final (la voix nettoyée au réglage d’intensité choisi, sur la plage conservée) avec un mesureur BS.1770 intégré à l’application, qui donne à la fois l’intensité intégrée et la crête vraie. Il applique ensuite un gain unique : celui qui atteint −16 LUFS, sauf s’il poussait la crête vraie au-delà de −1 dBTP, auquel cas c’est le plafond qui l’emporte. L’aperçu est déjà lu avec ce gain, donc ce que vous entendez est ce que vous exportez, et l’original est lu à peu près au même volume, pour que le bouton Original / Nettoyé compare le bruit, pas le niveau.

Il n’y a ni compresseur ni limiteur. Un gain unique change le niveau sans toucher à la dynamique : la voix garde les montées et les descentes naturelles de la parole, et rien n’est écrasé pour atteindre un chiffre.

Pourquoi un résultat peut finir sous −16 LUFS

Un fichier n’atteint −16 LUFS que si ses crêtes vraies restent au plus 15 dB au-dessus de son intensité intégrée, l’écart entre la cible et le plafond. Une parole aux crêtes marquées, comme une plosive, un rire, un mot appuyé ou une porte qui claque, a un écart plus grand : le gain s’arrête au plafond, et l’export finit quelques LU sous la cible. Ce n’est pas un défaut : quelques LU font une petite différence pour l’oreille, et les lecteurs qui remontent les fichiers faibles comblent l’écart.

S’il vous faut la cible exacte (un hébergeur qui vérifie, le cahier des charges d’un client), passez l’export dans un compresseur ou un limiteur, dans un logiciel audio sur ordinateur : en abaissant les crêtes, il laisse de la place pour remonter tout le fichier. Ne poussez pas le gain au-delà du plafond sans lui, ou les crêtes satureront. Le plafond est mesuré avant l’encodage final (AAC, MP3 ou Opus), qui peut ajouter une fraction de décibel ; la marge est là pour l’absorber.

Nettoyez une voix et amenez-la à un niveau prêt à publier, hors ligne.

Télécharger sur Google Play

Gratuit · Android 8.0 ou plus récent, 64 bits

Questions fréquentes

Que signifie −16 LUFS ?

Cela veut dire que l’intensité intégrée du fichier (son intensité sonore sur toute la durée, mesurée selon la méthode UIT-R BS.1770, silences écartés) se situe 16 unités de loudness sous la pleine échelle numérique. C’est une cible courante pour les podcasts et les vidéos parlées : plus fort que la télévision (−23 ou −24) et un peu moins fort que la référence de −14 LUFS du streaming musical.

Quelle différence entre LUFS et décibels ?

Les décibels expriment un niveau par rapport à une référence ; un indicateur de crête en dBFS montre l’échantillon maximal, quoi qu’en pense l’oreille. Les LUFS sont aussi des décibels (un LU vaut un dB), mais ils mesurent l’intensité sonore telle qu’on la perçoit : le son est pondéré en fréquence, moyenné dans le temps et débarrassé des silences. Deux fichiers peuvent avoir le même niveau de crête et différer de plusieurs LU.

Un podcast doit-il être à −16 ou à −19 LUFS ?

−16 LUFS est la cible habituelle pour un fichier stéréo et le chiffre des recommandations d’Apple pour les podcasts. Pour un fichier mono, certaines recommandations proposent environ −19 LUFS, car un fichier mono joué sur les deux canaux mesure environ 3 LU de plus que sa valeur. Si votre hébergeur ne précise rien, les deux conviennent ; s’il précise, suivez son chiffre : un changement de 3 dB dans un éditeur fait passer de l’un à l’autre.

Qu’est-ce que la crête vraie, et pourquoi −1 dBTP ?

La crête vraie estime le vrai maximum du son reconstruit, y compris les crêtes entre deux échantillons qu’un indicateur d’échantillons ne voit pas. Les encodeurs avec perte comme l’AAC, le MP3 et l’Opus peuvent faire monter un peu les crêtes au décodage : les recommandations de diffusion demandent donc de ne pas dépasser −1 dBTP, un décibel de marge qui évite que le fichier encodé sature à la lecture.

Pourquoi mon fichier normalisé est-il sous −16 LUFS ?

Parce que ses crêtes sont hautes par rapport à son intensité moyenne. Noise Remover applique un gain unique et s’arrête quand la crête vraie atteint −1 dBTP : un fichier dont les crêtes dépassent son intensité de plus de 15 dB finit donc sous −16 LUFS. La voix ne sature pas et garde sa dynamique. S’il vous faut la cible exacte, utilisez un compresseur ou un limiteur dans un logiciel audio sur ordinateur.

Une voix nette. Hors-ligne. En un geste.

Enregistrez ou importez, laissez nettoyer, comparez, partagez. Votre audio ne quitte jamais votre téléphone.

Télécharger sur Google Play

Gratuit · Android 8.0 ou plus récent, 64 bits

Une version iPhone arrive · Gratuit et Pro